La communauté de MARY était propriétaire du terrain situé de l’autre côté de la Marne sur le territoire d’ISLES par indivis avec les habitants d’ISLES, de 74 arpents, appelé "les grandes et petites veuves" qui avait été laissé aux habitants par Dame Blanche, dame de MARY, pour pâtures chevaux, ânes, veaux, vaches, des deux communautés, et non aux autres bestiaux (très utiles à l’époque : pas de commerces, la ressource était l’élevage). La Marne était guéable, et les animaux la passaient, mais la rivière creusa profondément son lit du côté d’Isles et comme il n’existait ni pont, ni bac, il ne fut plus possible pour Mary d’accéder au pâtis.
En 1622, le village est ruiné et désert : 10 à 12 ménages, six fois moins qu’auparavant, alors que la population d’Isles augmentait. Les habitants de Mary et leur seigneur (Seigneur de la Trousse) se pourvurent en justice. Ils mirent en cause les habitants d’Isles et l’Abesse de Jouarre, Dame d’Isles. Le Parlement envoya un commissaire et il fut décidé le 1er septembre 1623, que les 74 arpents seraient divisés en 7 portions : 4 pour Isles et 3 pour Mary.
La communauté de Mary : 15 arpents, 91 perches et demi
Isles : 21 arpents, 22 perches
Le seigneur de la Trousse et le couvent de Jouarre reçoivent le surplus (partage consommé le 6 novembre 1628). Cela dura 150 ans. Dès 1629, les habitants d’Isles exposaient à la REVERENDE MERE, ABBESSE DE JOUARRE, JEANNE de LORRAINE, que le partage apportait grande perte et désolation au village d’Isle, déjà grandement incommodé, tant par la stérilité du territoire que par la grande quantité de bêtes fauves qui gâtaient et ravageaient le peu de grains croissant sur ce territoire.
Alors, le couvent abandonna sa part à charge pour chaque habitant de payer 5 sous tournois par an. Ils payèrent jusqu’en 1789. Mary subit en silence l’injustice du partage en 1628. Le Seigneur de la TROUSSE resta en possession du pâtis, mais la loi du 28 août 1792 rétablit les communes dans les droits et propriétés dont elles avaient été dépouillées. Mary, le 2 messidor III, rentra dans son bien. Un autre terrain situé entre les maisons et la rivière de Marne (4 arpents, 75 perches) avait été pris aux habitants par Jacques DE RENTY moyennant 5 sous tournois de rente par an et par habitant.
En 1797, les habitants, parmi lesquels : Nicolas LENOBLE (curé), Pierre HARROUARD (syndic), Antoine LEDOUX (marchand), Adrien BLOUST (maître d’école), demandèrent à la Princesse de la CISTERNE (Marquise de la Trousse) de les décharger de la rente de 5 sous tournois. Elle acquiesça à la condition que les habitants de Mary et leurs successeurs s’obligeraient à faire moudre leurs grains et faire faire leurs huiles au moulin du vieux moulin.
La communauté était aussi propriétaire d’un terrain au dessous de Condé et l’était encore en 1884.
(extrait d’un ouvrage de L. BENOIST - Conseiller Général - Avril 1884)